26-09-2016

Une nouvelle norme pour le béton apparent

Par ‘béton apparent’, on entend un béton coulé in situ offrant la possibilité de combiner des exigences structurelles et esthétiques pour la réalisation d’éléments tels que des voiles ou des colonnes dont la surface est destinée à rester visible. Une nouvelle norme belge consacrée au béton apparent, actuellement à l’enquête publique, propose un cadre clair et objectif permettant de spécifier la qualité de béton attendue et d’évaluer le résultat obtenu. Une Note d’information technique est également en préparation.​ Un article du CSTC.

1. Classification du béton apparent

En l’absence de cadre normatif pour le béton apparent, l’habitude était de s’appuyer sur les prescriptions techniques PTV 21-601 (dont une nouvelle édition est prévue cette année), qui couvrent les éléments préfabriqués en béton architectonique, ainsi que sur les documents étrangers en la matière (voir Les Dossiers du CSTC 2007/4.4 et 2012/4.4).

Le projet de norme prNBN B 15-007 est le fruit d’un travail de longue haleine qui vient compléter utilement les normes existantes en matière de spécification (NBN EN 206 et NBN B 15-001) et d’exécution (NBN EN 13670 et NBN B 15-400) pour tout ce qui concerne les caractéristiques esthétiques du béton. Il se base sur les travaux de recherche, notamment ceux réalisés par le CSTC, et l’expérience acquise en Belgique par les différents intervenants (auteurs de projets, entrepreneurs généraux, fournisseurs de matériaux…).

Les exigences de cette norme s’appliquent essentiellement au béton gris, brut de décoffrage, de surface lisse (ZBA/1) ou finement texturée (ZBA/2), soit les deux types de béton apparent les plus courants parmi les six types définis dans la norme (les autres types ZBA/3 à ZBA/6 se rapportent aux surfaces de béton grossièrement texturées – par l’empreinte de matrices de coffrage à base d’élastomères, par exemple – ou travaillées par grenaillage, par exemple).

La norme propose une classification basée sur quatre critères relatifs à l’aspect et revêtant de l’importance pour évaluer la qualité d’un béton apparent :
 

  • la texture (T) : traînées de sable, régularité de la surface, des arêtes et des joints…
  • le taux de bullage (LBA) : seules les bulles d’un diamètre compris entre 2 et 15 mm sont comptabilisées, les bulles de plus grand diamètre étant considérées comme des cavités (non admises)
  • l’homogénéité de la teinte (HT)
  • les tolérances de forme (VF) : dimensions, planéité, rectitude des arêtes, désaffleurements…

Le présent article traite en particulier du bullage (LBA) et de l’homogénéité de la teinte (HT).

Trois classes, associées à différents niveaux d’exigence, sont proposées pour chaque critère. Pour le bullage, par exemple, celles-ci sont numérotées de LBA1 à LBA3 (voir tableaux A et B).

Par ailleurs, pour plus de facilité, la norme définit trois classes de béton apparent (A, B et C). Chacune est constituée par une combinaison logique des différentes classes précitées (T, LBA, HT, VF; voir tableau C). La classe A s’applique par défaut, mais elle exige déjà un minimum de soin et une certaine maîtrise. Certaines réalisations particulières peuvent nécessiter la prescription d’une classe B ou C, ce qui engendrera éventuellement la mise en place de mesures spécifiques et pourrait avoir un impact non négligeable sur le coût global de l’ouvrage. Il est également possible d’envisager la mise en œuvre d’éléments en béton architectonique. Ce choix incombe à l’auteur de projet et doit être précisé dans les documents d’adjudication.

 

2. Méthodes d’évaluation

Même lorsque le plus grand soin a été apporté à la réalisation de l’ouvrage en béton apparent (y compris un essai préalable sur un mur témoin), certains défauts apparaissent inévitablement au vu des nombreux paramètres en jeu (composition du béton, panneau de coffrage, huile de décoffrage, délais de mise en œuvre et de décoffrage, conditions climatiques…). En cas de litige, la norme propose des méthodes objectives permettant d’évaluer la qualité du résultat.

 

Poursuivez la lecture de cet article sur le site du CSTC.

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